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Alamanga Reforestation

La croisade écolo d'une planteuse d'arbres

Image 1: L'entrepreneur social Marie Nomena ALLIMANT au milieu d'une plantation d'arbres à Madagascar

(Source: Alamanga Reforestation)

Le rendez-vous a été pris sur un coup de tête, à quelques jours des négociations internationales pour le changement climatique, dont on attendait peu, après deux années Convergences 2015 à explorer et décrypter les dernières innovations sociales: en novembre dernier, j'ai rejoint Marie-Nomena Allimant, à Madagascar, pour qu'elle m'introduise à son entreprise sociale,Alamanga Reforestation, ses pépinières et son inspiration. Tout droit sortie de l'austérité et du froid polaire, je trouve un petit rayon de soleil et vous invite à le partager. 

Image 2: A la sortie d'Ambalavao, une ville du Sud-Est de Madagascar, située aux confins des Heuts Terres et du pays Betsileo

Source: Alexia Tronel

 

"Tonga soa": Bienvenue à Madagascar

Lorsque l'on survole Madagascar, on découvre ses sols gorgés de latérite, une terre rouge à vif pourtant si fertile. Des couleurs de l'Afrique aux mystères de l'Orient, on pose à peine le pied à terre qu'on se laisse submerger par un cocktail de saveurs et d'odeurs. La grande île c'est un peu le "huitième continent": on passe difficilement à côté de sa biodiversité endogène -à 80%-, un régal pour les yeux et les papilles. 

On s'arrête ici dans le carnet de voyage du touriste subjugué, car, paradoxe de cette terre d'opulence, plus des deux tiers de la population (68,7%) vit en dessous du seuil de pauvreté. Pis, les études scientifiques avancent que Madagascar aurait déjà perdu 90% de son couvert forestier originel, victime de la culture du brûlis, entre autres. Surtout, cette déforestation massive conduit inéluctablement à la désertification des terres arables et l'appauvrissement des populations rurales. 

Comment enrayer ce cercle vicieux? A la genèse d'Alamanga...

Face à ce double constat, Marie-Nomena Allimant veut démontrer que développement et écologie vont de paire et que son modèle -l'entrepreneuriat social- a un grand avenir sur l'île rouge. Pour Marie, il y a d'abord une vocation à "planter des arbres". Petite, elle nourrit ce rêve "pour protéger l'habitat des lémuriens". En étudiant, elle apprend aussi à semer des idées et, en décembre 2010, sa première pépinière est lancée. 

Image 3: Une des pépinières de Alamanga Reforestation

Source: Alamanga Reforestation

"Planter des arbres c'est enrayer la déforestation de l'île, créer des puits de carbone, lutter contre le changement climatique..."

 

La mise en place d'une pépinière engage un cercle vertueux où planter des arbres c'est: enrayer la déforestation de l'île, créer des puits de carbone et lutter contre le changement climatique, reconstituer des écosystèmes et préserver la biodiversité malgache, créer des emplois et améliorer les conditions de vie locales, etc. En somme, Marie énonce sa recette pour un développement inclusif et durable à Madagascar. Car si l'entreprise sociale doit être viable, elle s'enracine dans son apport sociétal et environnemental.  

Sa croisade écologique, elle la conduit sur ses plantations en formant les employés de la pépinière au respect de l'environnement, en replaçant l'homo economicus au coeur d'un écosystème durable. Elle la poursuit jusqu'à Doha pour y représenter son pays et défendre un patrimoine mondial.  

Sur les traces de Wangari Maathai: elle plante des arbres et réplique un nouveau modèle.

Image 4: Marie Nomena ALLIMANT

Source: Alamanga Reforestation

 

Marie peut se targuer de dépasser les limites du secteur humanitaire, à Madagascar, et proposer un modèle de développement affranchi: sans dépendance vis-à-vis des bailleurs, participatif et viable. Son objectif d'ici 2015? Planter plus de 500.000 arbres, répliquer le modèle sur tout le territoire national et enrayer la déforestation dans son pays. 

Par Alexia Tronel, ancienne chargée de communication et événementiel à Convergences 2015.